Grille de chansons
- B-Stage
- Something I Can Never Have
- Non-Entity
- Piggy (Nothing Can Stop Me Now)
- Main Stage (Unpeeled)
- Wish
- March of the Pigs
- Reptile
- Heresy
- Copy of A
- Gave Up
- B-Stage (With Boys Noize)
- She’s Gone Away (with Boys Noize)
- Closer (with Boys Noize) (Remix)
- Parasite (How to Destroy Angels cover) (with Boys Noize) (Remix)
- As Alive as You Need Me to Be (with Boys Noize)
- Main Stage (Peeled)
- Mr. Self Destruct
- Less Than
- The Perfect Drug
- I’m Afraid of Americans (David Bowie cover)
- The Hand That Feeds
- Head Like a Hole
- Hurt
Critiques externes
Décharge cataclysmique
Par Alexandre Vigneault, La Presse
Il a fallu un petit moment avant que le concert prenne son erre d’aller – et des allures de cataclysme rock industriel. Trent Reznor est en effet apparu en lever de rideau, seul au piano, sur une scène rectangulaire plantée au centre du parterre. Sous ses doigts, la mélodie d’une très vieille chanson de NIN : Something I Can Never Have.
Entendre ce morceau dans une version aussi dépouillée faisait du bien après le DJ set de Boys Noize, surtout marqué par des basses assourdissantes. Ce choix remontant à Pretty Hate Machine, premier album de NIN, était une bonne façon de reconnecter ses fans à la source. C’était criant de vérité. Plus que lorsque Trent Reznor a bouclé son numéro d’ouverture avec Piggy, en insistant sur sa phrase clé, « nothing can stop me now, ’cause I don’t care anymore ».
Après trois chansons sur la petite scène centrale, le vrai spectacle a commencé. Trent Reznor et ses quatre accompagnateurs, dont bien sûr Atticus Ross, ont investi la scène principale. Avec deux salves décoiffantes : Wish et March of the Pigs.
Le ton de la soirée était enfin donné : c’était rugissant, presque agressant, même avec des bouchons dans les oreilles. NIN a dans le passé habitué nos oreilles à ce genre de puissance, mais avec plus de finesse dans la sonorisation, il faut bien le dire.
La scénographie, elle, était d’une beauté sidérante. NIN se produisait derrière un voilage qui faisait office d’écran de projection. Cette espèce de filtre enveloppait le groupe d’un peu de mystère, rehaussant aussi les atmosphères oppressantes des musiques.
Plus le concert avançait, mieux le son se portait. Ce qui a permis de profiter pleinement de Heresy, catapultée par les guitares syncopées et l’incantation antireligieuse du refrain, et Copy of a. Le troisième acte du spectacle, un court bloc plus électro en trio avec Boys Noize et Atticus Ross de nouveau au centre du parterre, a notamment donné à entendre une version remixée de Closer, le plus improbable des hymnes des années 1990. On a même cru reconnaître un intrant de Terrible Lie dans cette relecture.
La dernière ligne droite du concert a été amorcée avec Mr. Self Destruct, morceau qui ouvrait The Downward Spiral et en donnait le ton. L’espace d’un instant, on se serait cru au Forum, il y a 30 ans – oui, l’auteur de ces lignes a assez de poils blancs au menton pour avoir été là… La plongée dans les années 1990 s’est poursuivie avec The Perfect Drug, chanson associée au film Lost Highway de David Lynch. « Je ne me souviens pas d’avoir écrit cette chanson », a précisé Trent Reznor, qui se trouvait alors dans l’enfer de la drogue, comme on dit.
Après avoir rappelé que la musique a toujours été pour lui une façon de rester vivant et d’avoir une raison d’être, il a enchaîné avec son illustre duo avec David Bowie : I’m Afraid of Americans. Chanson dont il a dit qu’elle était « malheureusement d’actualité ». Il n’était assurément pas le seul à le penser, lundi.
Revoir Trent Reznor permettait une fois de plus de mesurer sa contribution. Cet homme-là a non seulement solidifié les fondations du rock industriel, avec Front Line Assembly, Ministry et quelques autres, mais il l’a mené à son faîte sur le plan commercial. Ce que personne, lui moins que tout le monde, n’aurait anticipé.
Le réentendre rappelait aussi que, si plusieurs de ses suiveurs en ont fait une forme de rock compact, quasi radiophonique, Trent Reznor a (presque toujours) réussi à éviter de se cantonner à un format.
NIN a conclu comme on l’espérait : avec Hurt, sa touchante confession d’une âme à la dérive. Mais avant, il a donné un dernier grand coup : Head Like a Hole, électrochoc de 1989 qui a pris les atours d’un hymne lorsqu’une partie de la foule a crié en chœur le refrain.
Quand le lundi est le nouveau samedi
Par Pite Gallaird, Sors-tu.ca
Trois scènes sur le parterre du Centre Bell, pour une soirée sans entracte, sans pause, dans une volonté clairement artistique. Boys Noize et Nine Inch Nails réunis dans une esthétique new wave, cold wave, gothique, électro. On sait que Nine Inch Nails a l’habitude d’en mettre plein la vue dans ses shows, en poussant toujours plus loin la notion de performance. Après 38 ans de carrière, ça se passe de commentaires.
La soirée est divisée en quatre parties, sur trois scènes : une allant parfaitement à un set de DJ, une qui pourrait aller dans le sens d’un set de club, et une scène principale pour le groupe complet.
Le set de Boys Noize en ouverture laissait présager une immense rave au Centre Bell, mais la salle était encore majoritairement vide. Un DJ set qui s’est étiré sur environ une heure – peut-être un peu trop long, mais quand même super.
21h03 : Nine Inch Nails prend place sur la scène centrale. Piano-voix pour ouvrir, dans une atmosphère presque intime. On aurait presque envie de rêver à une formule Trent Reznor en acoustique, complètement incroyable.
21h18 : changement radical. Le groupe bascule sur la scène principale avec une formation complète. Les chiens sont lâchés. Un concept visuel particulièrement intéressant : le groupe joue derrière un voile, comme enfermé dans une cage de tissu. Un mapping vidéo en temps réel est projeté sur ce voile, se prolongeant pendant tout le show, créant une expérience visuelle forte.
À ce niveau-là, le show repose presque entièrement sur ce travail de mapping, notamment sur Copy of a, morceau avec lequel Nine Inch Nails avait déjà ouvert un précédent concert à Montréal.
Le quatrième acte marque une transformation : le show se resserre, devient presque une performance de club, malgré le cadre de l’aréna. C’est sans doute ce qu’on retiendra le plus : cette capacité de Nine Inch Nails à faire preuve d’ingéniosité, à jouer avec l’espace et à proposer une véritable versatilité scénique, avec une version de Closer en mode club complètement folle.
Le show se termine sur la main stage en mode full band avec notamment I’m Afraid of Americans – bisous David Bowie – The Perfect Drug, The Hand That Feeds, Head Like a Hole et bien entendu, Hurt.
Avec un ami musicien, on s’est texté après le show, et il me disait qu’il avait trouvé cela remarquable. Avec une pointe d’humour, je lui ai dit : tu vois, après 38 ans de répètes et de shows, voilà le genre de show que tu pourrais potentiellement mettre en place. Développer un processus créatif prend tellement de temps et de patience, c’est incroyable et épeurant à la fois.
J’ai découvert Trent Reznor par Marilyn Manson, lorsqu’il avait coproduit le génialissime Antichrist Superstar, avec entre autres David Ogilvie, un producteur canadien né à Montréal en plus.
Ah oui, j’oubliais : une performance incroyable de Josh Freese, qui revient au bercail quelques 17 années après avoir quitté, et qui a servi de batteur aux Foo Figthers jusqu’à récemment. On espère pour lui qu’il ait de nouveau trouvé chaussure à son pied avec NIN.
Nine Inch Nails in Montreal, Qc – Show Review
par Canadianbeats.ca
On February 16, 2026, the Nine Inch Nails turned the Bell Centre into something far more than an arena show — it became an immersive, industrial cathedral. We walked in excited. We walked out completely blown away.
Boys Noize Sets the Tone
The night opened with a DJ set from legendary German producer Boys Noize, who commanded a small stage positioned at the back of the arena. Bathed in deep red lights, his setup felt stark and deliberate — minimal but menacing. For a full hour he built tension with pounding electro textures that perfectly primed the crowd for what was coming.
The highlight? A thunderous spin of “People Are Still Having Sex” that had the arena pulsing. It was hypnotic, grimy, and exactly the kind of slow-burn ignition this show needed.
Trent Appears — Intimate and Haunting
Unlike other tours, there was no dramatic blackout-to-main-stage reveal. Instead, as the final notes of the opener faded, Trent Reznor appeared alone on a square middle stage embedded in the crowd. No bombast. No warning. Just presence.
He began with “Something I Can Never Have,” and the arena fell into stunned silence. His voice control was unreal — restrained, emotional, precise. It felt intimate, you could feel the collective shiver ripple through the audience.
During “Non-Entity,” the rest of the band gradually joined him, expanding the sonic weight before launching into “Piggy (Nothing Can Stop Me Now).” From there, they made their way toward the main stage, the momentum steadily building.
Behind the Curtain
Once on the main stage, the band unleashed a barrage of six songs performed behind a white, see-through curtain. The concept was visually ambitious: a roaming videographer captured live, gritty footage — projected in real time — including stylized, almost gorilla-like camera work that gave everything a raw, documentary feel.
It was undeniably cool as a concept.
But honestly? That roaming cameraman was distracting — almost to the point of irritation. While the visuals were inventive, at times it felt like they overshadowed the absolutely ferocious performances happening on stage. Watching Reznor, Atticus, and the rest of the band fire on all cylinders should have been enough.
Still, when “March of the Pigs” hit, none of that mattered. The crowd completely lost it.
“Copy of A” delivered one of the night’s most striking visuals: multiple projected versions of Reznor layered across the curtain, fragmented and multiplied, perfectly mirroring the song’s themes of identity and replication. It was chaotic and mesmerizing.
B-Stage Collaboration
Midway through the show, Nine Inch Nails joined Boys Noize on the B-stage for a four-song collaborative segment, including a remix of “Closer.” It was heavy, distorted, and undeniably powerful. Still, as good as the remix was, part of me longed for the raw punch of the original version. Some songs are untouchable.
The Final Run — Pure Power
When they returned to the main stage — this time with the curtain gone — the show shifted into overdrive.
“The Perfect Drug” absolutely exploded. There was something about hearing it live in 2026 that made it hit differently — darker, sharper, more urgent.
Then came their collaboration with David Bowie, “I’m Afraid of Americans.” The song felt chillingly relevant, maybe even more now than when it was first released. The tension in the room was palpable.
They didn’t let up.
“The Hand That Feeds.”
“Head Like a Hole.”Each one landing with precision and force.
And then, a haunting, stripped-down “Hurt.” No spectacle. Just vulnerability. The entire arena seemed to hold its breath.
Final Thoughts
This wasn’t just a concert. It was an experience — layered, ambitious, occasionally chaotic, but overwhelmingly powerful. Nine Inch Nails proved once again why they remain one of the most vital live acts on the planet.
So much talent. So much intensity.
We loved every second of it.