The White Stripes


17 septembre 2005

Le 17 septembre dernier, c’était l’occasion de célébrer non seulement mon anniversaire, mais ceux de mes amis Paul et Michel, à qui j’avais acheté, pour leur fête cet été, des billets pour le spectacle des White Stripes au Centre Bell. Ma sœur Andrée qui avait déjà eu la chance de voir Jack et Meg White au Métropolis, nous accompagnait.

Mes chums sont arrivés de Québec chez moi une heure avant le début du spectacle, prévu pour 20h00. J’ai l’habitude de ne pas me presser pour les premières parties quand je ne les connais pas. Normalement, au Métropolis, à La Tulipe ou au Spectrum, arriver à 21h30 aurait été arriver en avance pour le spectacle principal, en plein entracte. Alors on a pris le temps de bouffer une pizza, de fumer et rouler pour plus tard quelques joints.

À 21h20, heure qui nous semblait raisonnable, nous mettions les pieds dans l’entrée du Centre Bell, accueillis par deux doormen. Parmi eux, un vieux de la vieille, genre Forum époque Maurice Richard, ayant hérité de la tâche de passer un bracelet jaune fluo aux poignets des détenteurs de billets de parterre, comme nous. J’imagine que ce n’était pas lui en charge à la rentrée du gros de la foule, car le pauvre vieux avait de la misère en tabarnak! Fallait qu’il décolle un bout de papier protecteur, au bout d’une bande colorée, pour libérer l’extrémité collante et ainsi pouvoir former un bracelet. On a dû perdre cinq minutes juste à faire de la décalcomanie dans l’entrée. :colere:

Pendant ce temps, la chanson des White Stripes préférée par ma sœur jouait: The Big Three Killed My Baby. Une fois tout le monde avec son bracelet, nous avons pris le premier accès aux estrades que nous avons pu, et descendu les marches pour nous heurter à un mur ceinturant le parterre. En remontant vers une autre porte nous permettant d’accéder au parterre, on a voulu prendre notre bière avant que le stand ne ferme! Cinq interminables minutes plus tard, sept bières dans nos mains et $55 de moins dans nos poches, nous avons enfin pu rejoindre la foule.

Jack tout de noir vêtu, était en plein solo de slide guitar. Je crois qu’il interprétait alors There’s No Home For You Here, mais je ne gagerais pas là-dessus. D’ailleurs je cherche en vain le setlist du spectacle depuis. Je peux affirmer sans me tromper que Meg a délaissé sa batterie le temps d’une chanson et entonné In the Cold Cold Night, frôlée dans le dos par un Jack White rendant encore plus suggestif son petit riff racoleur. Autre chanson que je peux nommer avec certitude parce qu’elle demeure différente de l’ensemble du répertoire des White Stripes: The Nurse, jouée avec un xylophone par Jack. La guitare qu’on y entendait en était une laissée appuyée sur un amplificateur et vibrant quand Meg bûchait sur un de ses toms ou sur son bass drum. Contrairement à la version du disque, qui donnait une répétition de guitare « dam-dam-dam-dam-dam-dam-dam-dam », cela donnait un long « daaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaam » distortionné, mais ça restait cool!

Selon ce que le portier nous a dit, on a manqué un bon vingt minutes. Nous aurions donc vu entre une heure et 1h10 du spectacle de 1h30.

  • When I Hear My Name
  • Black Math
  • Dead Leaves And The Dirty Ground
  • I Think I Smell A Rat
  • Passive Manipulation
  • Blue Orchid
  • My Doorbell
  • Instinct Blues
  • Cannon
  • John The Revelator (Trad)
  • The Big Three Killed My Baby Nous avous manqué tout ce qui précède!!!
  • Misirlou (Trad)
  • Forever Is For Her
  • Death Letter (Son House)
  • Hotel Yorba
  • Offend In Every Way
  • Screwdriver
  • Passive Manipulation
  • Sister Do You Know My Name
  • Little Bird
  • Cold Cold Night
  • I Want To Be The Boy To Warm Your Mother’s Heart
  • Red Rain
  • Ball And Biscuit

RAPPEL

  • I Just Don’t Know What To Do With Myself (Bacharach/David)
  • The Hardest Button To Button
  • The Nurse
  • Little Ghost
  • Seven Nation Army
  • Boll Weevil (Leadbelly)

Les estrades du Centre Bell étaient peut-être pleines au trois-quarts. Et le parterre n’était pas plein, ce qui nous laissa de l’espace pour respirer, bien entendre et bien voir. Nos points de vue, près de la console de son, valaient tout à fait le prix des billets et l’attente occasionnée par l’épisode des bracelets jaunes. La scène en noir, rouge et blanc, avec un dessin d’arbre et de lune, ne semblait pas trop grande pour Meg et Jack. Elle, à gauche, les grosses cymbales masquant en partie le rebondissement de ses seins, lui changeant de micro et s’installant au besoin derrière le piano ou le xylophone. J’ai été agréablement surpris par la qualité du son! Des fois j’entendais moins bien la voix de Jack, mais sa guitare on ne la manquait pas! Ni le rythme de Meg d’ailleurs. Même s’il n’y avait pas de basse, ça a fait dire avec raison à Paul que la basse sortait bien. L’ensemble bûchait, mais pas trop fort. et même les techniciens étaient class habillés en complet noir, chemise rouge et chapeau melon.

Nous avons assisté à deux entractes (ou deux rappels?). C’est dans le dernier vingt minutes que la foule des estrades s’est enfin levée. Ça s’est terminé par une toune dans laquelle la foule chantait un refrain ressemblant à « Jack Wanna Go Home » puis les salutations du couple, courbette façon théâtre.

Autre truc platte du Centre Bell: absolument interdit de fumer. Si quelqu’un osait s’allumer même une cigarette, il risquait de se faire sortir, comme Andrée et moi avons pu l’observer. Alors nous n’avons pu fumer de joints. Nous sommes arrivés en retard, mais tant mieux si on a pris le temps d’en fumer un juste avant d’entrer, finalement!

En fait, le petit pincement que me fait l’idée d’avoir manqué les premières chansons est tout à fait adouci par le fait que nous avons eu du plaisir avant, pendant et après le show. Une bien cool soirée…

Pas de billet en souvenir par contre: le vieux christ nous les a piqués. 🙂

The White Stripes

2 réflexions au sujet de « The White Stripes »

  1. Martin dit :

    Bernard Lamarche, Le Devoir, le 19 septembre:

    Le concert des White Stripes, samedi, au Centre Bell, était bien avancé lorsqu’on a tout compris. Jack White venait de s’installer au vibraphone, lâchant un moment sa guitare qu’il maîtrise comme pas un, et on a compris. Grâce à la sono brouillonne qui a mâché un brin les paroles de The Nurse, on a cru qu’il s’adressait à Meg, son ex-conjointe batteuse que Jack aime présenter comme sa grande soeur, à quelques pas de lui sur la scène. I’ll never let you down, chantait-il. Ce qu’on a compris, c’est que les White Stripes, le duo de Detroit devenu populaire à la suite du tube Seven Nation Army, est comme une affaire de famille.

    Lui, il triture les guitares comme pas un. Il fait même des choses avec son instrument dont on n’a pas idée. Il est une véritable usine à riffs, qu’il a assénés sur l’immense scène de l’aréna du Canadien avec un aplomb que la foule a bien apprécié. Au sein des White Stripes, c’est lui qui se charge des choses complexes. Car, Meg, elle, garde ses rythmes simples. Elle donne la cadence avec sa grosse caisse, qu’elle adore enfoncer de sa pédale, et s’assure que le tout soit pesant juste ce qu’il faut.

    Quiconque jouerait aux côtés de Jack White aurait beaucoup à faire pour arriver à sa cheville de rock’n’rolleur assoiffé de blues. Ce dernier pourrait faire passer plus d’un musicien pour un enfant, tant ses doigts sont habiles et efficaces sur la six-cordes. Meg, que la presse spécialisée a parfois écorchée pour son jeu un peu carré, passera sans doute toujours pour un second violon, mais jamais Jack ne la laissera aller. Parce qu’à deux ils forment un duo réellement à part dans la scène musicale actuelle, ne serait-ce que parce qu’ils savent passer, en moins de 15 minutes, d’un folk blues à l’ancienne à des moutures plus proches des Kinks. En cela, l’expérience sonore est excitante.

    De plus, ils savent se tenir, les White : ensemble, soudés. Ils ont quitté la scène samedi la main dans la main, après plus d’une heure trente de rock où le plaisir était nettement à l’avant-plan. On avait bien quelques craintes : comment, à deux seulement, ils allaient remplir un aussi grand espace que le Centre Bell. La dernière fois, c’était au Métropolis qu’ils s’étaient posés, tous ceux qui y étaient en ont gardé un souvenir très intense. Cette fois, ils avaient certes l’air bien seuls, parfois, sur leur immense scène, mais la charge sonore, elle, n’avait rien à envier à personne. Dès les premières charges de Black Math, c’était clair : le Centre Bell n’allait pas être un piège engouffrant totalement le duo.

    Leur rock trash mâtiné de blues, d’accents plus abstraits (comme The Nurse, qui peut faire songer un brin à The Young Gods), sait comment déménager une foule, surtout un parterre d’aréna (parce que, franchement, du haut des gradins, ce n’est pas l’idéal puisqu’il y a finalement peu à voir, à part les changement de guitare et/de micro de Jack; à moins de reluquer du côté de Meg). La guitare de Jack est incendiaire, on ne le dira jamais assez, malgré le fait que, samedi, sa voix n’était pas des mieux accrochées et le son pas toujours à la hauteur.

    Le répertoire puisait beaucoup dans le dernier opus, Get Behind Me Satan (dont Instinct Blues, Forever For Her, Instinct Blues, Little Ghosts), mais Jack White ne s’est pas empêtré dans les fleurs du plancher : les subtilités de l’album sont passées dans le tordeur d’une fougue de bon aloi. Il fallait faire lever le plafond du grand édifice. C’est chose faite. Il faut dire qu’au rappel les tubes Seven Nation Army, I Just Don’t Know What To Do With Myself, que le public a entonnés de bon choeur, et The Hardest Button to Button ont grandement aidé à nourrir la passion du public qui, lui, aurait pu être plus nombreux. De fait, la salle était peut-être trop grande pour le nombre de fans. Pas pour les White Stripes.

  2. Setlist trouvée sur le site officiel:

    When I Hear My Name
    Black Math
    Dead Leaves And The Dirty Ground
    I Think I Smell A Rat
    Passive Manipulation
    Blue Orchid
    My Doorbell
    Instinct Blues
    Cannon
    John The Revelator (Trad)
    The Big Three Killed My Baby — Nous avous manqué tout ce qui précède!!!
    Misirlou (Trad)
    Forever Is For Her
    Death Letter (Son House)
    Hotel Yorba
    Offend In Every Way
    Screwdriver
    Passive Manipulation
    Sister Do You Know My Name
    Little Bird
    Cold Cold Night
    I Want To Be The Boy To Warm Your Mother’s Heart
    Red Rain
    Ball And Biscuit

    Rappel:

    I Just Don’t Know What To Do With Myself (Bacharach/David)
    The Hardest Button To Button
    The Nurse
    Little Ghost
    Seven Nation Army
    Boll Weevil (Leadbelly)