Concert inoubliable d’un de mes groupes préférés de tous les temps, les Stooges, dont le chanteur est Iggy Pop. D’abord, voici un montage que j’ai placé sur Vimeo.com, un nouveau service de partage vidéo à la YouTube qui permet la vidéo HD. Pour voir en HD, faut cliquer et aller voir sur leur site. Mais, déjà, ici, vous pouvez constater la qualité nettement meilleure que chez YouTube:
Et j’ai pu reconstituer, du moins en partie, le setlist. Faut dire que l’information sur ce spectacle particulier des Stooges à Montréal est dominée par le vol de tout leur équipement. Alors, en révisant les vidéos que j’ai pu ramener et en faisant des recoupages avec quelques autres trouvés sur YouTube, voici les premiers morceaux joués furieusement par Iggy et sa gang, dans le bon ordre:
- Loose
- Down on the Street
- 1969
- I Wanna Be your Dog
- T.V. Eye
- Real Cool Time
- No Fun
- 1970
- Funhouse
Wow!
C’est pour la suite que je ne suis pas sûr, ma caméra ayant manqué de jus… Je sais que les Stooges ont joué « Skull Ring » et « My Idea of Fun », des compositions récentes. Je me rappelle bien sûr de « Search and Destroy » et de la belle surprise que fut l’obscure mais puissante « I Got a Right ». Alors, en guise de référence, je copie ci-bas le setlist de la prestation suivante des Stooges à Toronto, tel que pris ici. Ça ressemblait pas mal à notre show à OSHEAGA:

Cet article de Canöe décrit bien le spectacle de mon groupe préféré:
«Fracassez la barrière! Montez sur scène! Venez ici avec les Stooges!»
Cette phrase d’Iggy Pop a mené au moment que tous les spectateurs présents hier à cette première journée du troisième festival Osheaga n’oublieront jamais.
Après un quart d’heure d’une prestation déjà incendiaire, alors qu’il chantait Real Cool Time, Iggy a hurlé aux spectateurs de monter sur scène et ils ne se sont pas fait prier. Plus d’une vingtaine de fans sont allés sauter avec Iggy et ses Stooges, hurlant, vibrant et criant avec lui. Avec un tel band de légendes, c’était démentiel!
«Merci bien!!!» a hurlé Iggy en français, pour remercier ces derniers, lui qui nous avait salués en lançant dans la langue de Molière: «Bon fucking soir! Nous sommes les Stooges!!!»
Première à Montréal
Et pour leur toute première présence à Montréal en 40 ans de carrière, The Stooges ont été à la hauteur de leur légende. Cheveux au vent, jeans moulants, athlétique, torse nu, trempé d’eau, sautillant partout, Iggy Pop, à 61 ans, a démontré ce qu’était l’essence du rock: une musique qui fait peur. En ouverture, durant Loose, il a mimé l’acte sexuel au sommet des colonnes de son. Les gamins de 17 ou 18 ans qui étaient à côté de moi ont alors réalisé que ce n’était pas une prestation ordinaire.
«J’ai besoin d’amour!» a hurlé Iggy durant une apocalyptique livraison de I Wanna Be Your Dog. Peu importe la tranche d’âge de la foule, tout le monde connaissait la chanson et les fans ont chanté à tue-tête quand Iggy lançait son cri primal. T.V. Eye, 1969, 1970, Fun House, les Stooges n’ont pas fait de quartier et ont prouvé qu’ils étaient encore le band de garage par excellence.
Après ça, les Killers, malgré leur production visuelle grandiose, ne pouvaient faire mieux. De toute façon, comme lors de leur dernier passage à Montréal, ces derniers ont refusé la prise de photos et de visuel aux médias. Bien pire, ils ont même interdit au promoteur (le Groupe Gillett) de prendre des photos. Très bien… Nous, on ne dira pas un mot de leur show…
Instants de plaisir
En après-midi, on aura eu droit à plusieurs instants de plaisir. Spiritualized a rien de moins que défoncé les oreilles de quiconque était situé à moins de 100 mètres de la scène avec son barrage de guitares, tout comme Metric, avec une Emily Haynes radieuse.
Si Cat Power a été intense, comme elle l’est toujours, ses musiques et – surtout – son univers demeurent plus percutants dans une petite salle, comme L’Olympia. À l’inverse, Sharon Jones et ses Dap Kings se fichaient bien d’être à l’extérieur. Avec ses musiciens habillés en complets, la Noire américaine a livré ses titres soul baignés de cuivres avec ferveur et entrain, arrivant à faire participer les spectateurs.
Et une autre des premières enthousiastes réactions, en anglais, prise sur le forum de la Gazette:
Never follow dogs, kids or Iggy.
« MOOOOOOOORE! More! » demanded Iggy Pop. He meant people onstage, but of course he meant everything. « Let ’em up! » And two dozen kids scrambled madly onstage between Mike Watt’s bass roar and Ron Asheton’s fried tsunami of wah-wah during No Fun. « Nous sommes les Stooges! »
We’d already had Loose, 1969, I Wanna Be Your Dog – Ig’s first foray into the crowd – TV Eye and Real Cool Time. Many, many bottles of water had been poured over Pop’s writhing scorpion body and the crowd in the interest of personal liberation, and one couldn’t help notice that, while the Stooges had changed lights about three times, the Killers one stage over had run through the entire Pink Floyd spectrum during their setup check. There was some laughter among those around the critic.
Best of all, those around the critic had never seen Iggy nor, of course, the Stooges before. And they were getting them on a night for the ages, when the ageless did what they do every single time: strip away everything that isn’t punk and loud and slap it across every young face within slapping distance. Yes, Iggy’s pulled other innocent, straitjacketed kids onstage and set them loose before. But not you, and not tonight.
Un commentaire de plus, pris là-bas:
Iggy, the god-like freak of reptilian nature, was a force to be reckoned with from the opening bell. On his hands and knees, with the microphone in his mouth, shouting like a dog, humping a well stacked Marshall, gallivanting from side to side, yelping like a teen queen on acid, he was Mister Fucking Osheaga. He was the reason I was there. He was the reason the dudes next to me were there, too— mustaches and all. I would also guess he was the reason there was electricity and crazy bugs circling all around the stage, but I can’t be certain. Anyway. While Ron Asheton’s non-stop riffs were sent flying into the atmosphere like a greatest hits barrage headed straight for the jugular, it was « 1970 » that gave me the bumps, just as the crazy free-jazz horns ravaged through the night (and just prior to the kids dancing up on stage to seize their glory). The closing moments, which featured renditions of « My Idea of Fun » and the utterly fantastic « I Got a Right » was literally the icing on the cake. On the summer stage, just hours before their original gear— including Mike Watts’ beloved bass— was ripped off near their hotel, they were simply amazing.
Montreal Concerts rapporte ceci, avec en prime une variation sur le thème de l’anglais versus le français :
Décidément, le Osheaga de 2008 ne l’aura pas eu facile. Entamé un dimanche, terminé un lundi (qui n’était même pas un lundi de congé), notre festival de musique « alternative » a été tassé par le NASCAR, décimé par le Lollapalooza de Chicago (tous les gros noms rassembleurs y étaient) et coincé par la fin des FrancoFolies. Qui plus est, cette troisième édition d’Osheaga n’offrait pas une programmation très excitante. The Killers et Jack Johnson en têtes d’affiche? Bof… Pour le reste, c’était du déjà vu récemment ou à maintes reprises ainsi que du négligeable. Bien franchement, le seul nom qui valait vraiment le déplacement cette année comporte quatre lettres, quatre lettres qui couvrent un pan ô combien important de l’histoire de la musique rock: Iggy. Malgré ses 61 ans bien comptés, Monsieur Raw Power, accompagné de la nouvelle mouture des Stooges (les frères Asheton à la guitare et à la batterie ainsi que le légendaire Mike Watt à la basse, sans oublier un saxophoniste de service), s’est avéré à la hauteur de sa réputation de tornade scénique. Appuyé par un setlist de rêve – Down On The Street, Loose, 1969, I Wanna Be Your Dog, T.V. Eye, Fun House, 1970, No Fun, Real Cool Time, Search And Destroy -, Iggy a crié et gigoté à souhait, tout en n’oubliant pas de lancer fréquemment son micro par terre et de harceler sexuellement un ampli! En grande forme, le chanteur, qui est considéré comme le grand-père du punk, a incité quelques spectateurs à venir le rejoindre sur scène durant No Fun, se moquant ainsi des gardes de sécurité, pour le plus grand plaisir des fans, qui n’en demandaient pas tant. Nouvel album des Stooges oblige (The Weirdness, paru l’an dernier), on a également pu entendre une ou deux compos toutes fraîches, dont My Idea Of Fun, pendant que Pop, vêtu d’un simple jeans noir porté très bas, continuait de se donner sans se ménager. Intense, excitante, mordante, quelque peu chaotique et « garrochée », cette prestation on ne peut plus attendue fût sans aucun doute LE concert d’Osheaga 2008. Inutile de rester pour voir à l’oeuvre les pauvres Killers, qui se produisaient tout juste après.
Pour ce qui est du reste, j’ai complètement loupé la journée de lundi, mais le dimanche m’a aussi permis de jeter un coup d’oeil sur la fin plutôt heavy du concert de Spiritualized (de retour parmi les vivants), de tendre un peu l’oreille à la prestation de Sharon Jones And The Dap-Kings (un groupe surtout connu pour avoir accompagné Amy Winehouse) et d’attraper au grand complet les shows de Duchess Says et de Chan Marshall alias Cat Power. Le premier a bien commencé lorsque la disjonctée chanteuse Annie-Claude est descendue de scène afin de se rouler dans la boue (il avait plu auparavant) parmi les spectateurs, mais la performance du groupe a malgré tout été plus tranquille qu’à l’habitude. Quant à Cat Power, ses chansons me sont apparues quelque peu redondantes, d’autant plus qu’elle n’a même pas daigné offrir The Greatest, mais sa façon d’arpenter la grande scène (qui était peut-être même un peu trop grande pour elle) m’a charmé.
Le festival avait commencé sous la pluie, mais c’est finalement sous un beau ciel étoilé que cette première journée d’Osheaga s’est terminée, après les prestations du tonnerre d’Iggy and The Stooges et The Killers.
La pluie n’a pas gâché une fin de soirée endiablée, alors qu’Iggy et son groupe sont venus injecter un peu d’énergie à une foule qui n’attendait que ça.
Durant une heure, il s’est démené sur scène, torse nu, bien évidemment. Criant, échangeant avec la foule, lui et son groupe ont enchaîné les succès. « 1969 », « No Fun » et « I Wanna Be Your Dog » ont comblé les fans du groupe, de même que les gens qui ne connaissaient pas la folie d’Iggy.
The Killers est venu mettre un terme à la soirée avec une grande performance. Toujours à la limite du « rock-kitch », le groupe de Las Vegas est sans contredit le maître du glamour rock. Les gens présents étaient là pour les entendre et ils n’ont pas été déçus, alors que The Killers a chanté la majorité de leurs succès. Les éclairages et la bonne sonorité ont contribué au spectacle.
Quelques heures auparavant, on a eu droit à la prestation du groupe anglais Spiritualized, qui n’était pas sans rappeler Oasis. Non pas dans les compositions, mais plutôt par sa performance sur scène. Une belle découverte.
Do you speak french ?
Gros, gros problème à ce festival: la place du français. Tant sur scène qu’aux kiosques, il semble que savoir parler la langue de Molière était loin d’être une priorité!
Dès notre arrivée en début d’après-midi, on a pu constater que tout se passerait en anglais sur le site du parc Jean-Drapeau.
À l’entrée, des gardes de sécurité unilingues anglais dirigeaient les gens. Aux endroits de restauration, les jeunes préposés avaient toutes les misères du monde à nous dire le prix en français. Même problème quand on demandait des renseignements aux responsables de l’information.
Le groupe N*E*R*D a même crié à la foule qu’il se foutait bien que les gens parlent français. « We are in Canada, no? So give me a real Canadian energy! », demandait le chanteur Pharell Williams, sous un mélange d’applaudissements et de huées. Franchement, s’il n’y avait pas eu les efforts d’Iggy (« J’ai besoin de votre amour! »), on ne se serait pas cru à Montréal, mais plutôt en banlieue de Toronto!
Finalement, dans Cyberpresse, Philippe Renaud :
«Everything is bullshit in rock’n’roll!» a hurlé Iggy Pop. Justement, les festivaliers étaient venus passer la journée d’hier au parc Jean – Drapeau pour leur dose dominicale de rock’n’roll. Le groupe The Stooges a donné le meilleur concert de la première journée d’Osheaga, n’en déplaise à The Killers, qui a eu l’ingrate tâche de suivre les légendes de Detroit.
Rendons aux Killers ce qui leur revient: ils ont aussi donné une performance énergique et déballé leurs compositions accrocheuses avec l’aplomb et ce sens du spectacle qui font leur renommée. Mais voilà, les Stooges étaient passés par là avant eux…
Avec des classiques à la chaîne: Not Right en ouverture. Suivie de la sombre 1969, qui ouvre la face A du premier album du groupe. Puis, comme une claque, I Wanna Be Your Dog, et la foule qui prend tout ça en pleine poire, et Iggy Pop à quatre pattes sur scène en train de faire le chien enragé. Puis T.V.Eye qui déboule, et Real Cool Time…
The Stooges, version 2008, irradiait, donnant un peu à voir à ces fans trop jeunes pour les avoir connus durant leurs heures de gloire. La section rythmique, constituée de Scott Asheton (batterie) et Mike Watt (basse), couchait de brutales fondations pour Ron Asheton (guitare) et, surtout, Iggy Pop, torse nu comme toujours, maigre comme un poulet déplumé, totalement possédé. Pas croyable, on dirait que le temps s’est arrêté pour ce fou chantant.
Rendu à No Fun, il a sommé le public de monter sur scène pour délirer en sa compagnie, se gardant d’autres bombes telles que Fun House et Search and Destroy pour la seconde moitié de cette mémorable performance, qui s’est déroulée sous un ciel clément.
En après – midi, cependant, rien à faire: pas même le plus important rassemblement d’artistes internationaux depuis la fin du Festival international de jazz de Montréal n’allait calmer le baromètre. Au lieu de la poussière qui lève sous nos pas par les belles journées ensoleillées, de grandes flaques de boue. Chez les spectatrices, la botte de caoutchouc était décidément l’accessoire mode le plus populaire.
Les Montréalais chéris Plants&Animals, fort occupés sous le petit chapiteau de la scène des Arbres (et observés de loin par une marmotte!), et N.E.R.D, le collectif mené par Chad Hugo et Pharrell Williams, ont goûté au ciel plombé et à sa mouillasse. Aussi bruyant que lors de sa dernière visite (en première partie de Kanye West au printemps dernier), N.E.R.D. a resservi son rock – funk agité façon Rage Against the Machine sur la grande scène, devant un public dégourdi mais clairsemé.
C’est qu’il n’y avait pas foule en ce dimanche après – midi. En soirée, les organisateurs avaient compté 13 000 entrées – à titre de comparaison, pour le concert de Radiohead, mercredi, le Groupe Gillett a déjà vendu 30 000 billets
Tant pis pour les absents, car vers 16 h 30, Spiritualized a donné une performance renversante. Jason «Spaceman» Pierce a rameuté un guitariste, un bassiste, un claviériste et deux soul sisters aux choeurs, histoire d’injecter une dose de gospel à ses chansons rock intenses.
Le concert a démarré comme il s’est terminé: dans un chaos de guitares électriques particulièrement tendues. Doux sur disque, Spiritualized montre les crocs et pousse à fond les amplis sur scène, entrecoupant les nappes de distorsion par quelques refrains folk bienvenus. Avant de quitter la scène, Spaceman a fait voler sa tête d’ampli pour ensuite percer du manche de sa guitare le gros Marshall qui trônait derrière lui.
Mais la palme du spectacle le plus disjoncté revient néanmoins au quatuor Duchess Says, qui, manifestement, n’a pas volé son prix Miroir pour la meilleure performance d’un jeune artiste. Après quelques explosives chansons seulement, la chanteuse Annie – Claude est rapidement descendue de la scène MEG pour aller se rouler dans la boue, juste aux pieds des spectateurs, avant de remonter sur scène pour donner des coups de poing à son keytar!