New York Dolls


29 juin 2009

The New York Dolls
29 juin 2009
Le Club Soda

Ce « salaud » de David Johansen et son vieux pote francophile Sylvain Sylvain sont venus partager leurs nouveautés et leurs classiques de plus de trente ans, devant un Club Soda pas tout à fait plein, mais finalement conquis.

Je laisse Philippe Rezzonico, un journaliste de Rue Frontenac, mettre en mots cette soirée :

En revenant du Club Soda dans ma bagnole lundi soir, j’écoutais à fond la caisse la version originale de 1973 de Personality Crisis, des New York Dolls, stupéfait, en me disant que je venais d’entendre la même chanson livrée avec la même fougue et la même hargne, dix minutes plus tôt.

Oui, les New York Dolls, mouture 2009, n’ont plus que deux membres originaux en leur sein – le chanteur David Johansen et le guitariste Sylvain Sylvain -, mais ce qu’on a vu dans la salle du boulevard Saint-Laurent était à la hauteur de la légende.

Avec Steve Conte (guitare), Sami Yaffa (basse) et Brian Delaney (batterie), trois méchants tueurs dans leur genre, Johansen et Sylvain ont offert quelques nouvelles compositions et leurs classiques vieux de plus de 35 ans comme si on était au CBGB, au milieu des années 1970.

Vrai, les boys ne portaient plus le mascara d’antan. Pour ça, il fallait plutôt regarder du côté de certains spectateurs deux fois plus jeunes qu’eux qui étaient pas mal grimés. N’empêche, l’offrande du band mythique de New York était offerte avec une attitude, un panache et un flair que des milliers de groupes plus jeunes n’ont pas.

Full attitude

Johansen, avec sa mâchoire carrée, sa coupe de cheveux et sa gestuelle de scène, n’était rien de moins que le sosie ou le fils spirituel de Mick Jagger. J’avais beau avoir vu des photos, rien de tel que de voir le groupe sur scène pour mesurer l’impact. Sauf que lorsque le groupe est passé à Montréal en 1974 – au Palais du Commerce –, j’étais un peu jeune pour être là.

Véritable paon et poseur de première classe, Johansen a fait un choix judicieux en amorçant la soirée avec la légendaire Looking For a Kiss. Nostalgique? Même pas. Trois minutes plus tard, Sylvain faisait hurler sa six cordes métalliques avec le riff de la toute nouvelle Cause I Sez So. Trente-six ans séparent les deux chansons: l’efficacité était au rendez-vous dans les deux cas.

Parfois, le son était un peu brouillon, la livraison un peu trash (quel grand moment!), tiens, mais ça allait parfaitement avec le côté crasseux des Dolls. La foule, qui semblait être là plus pour le mythe que pour le show au départ, s’est laissée graduellement gagner par le band qui étirait les chansons et se payait des solos d’enfer pur jus rock’n’roll, comme plus personne n’en fait de nos jours.

Bad Girl était tonitruante, Private World est devenue un brûlot alors que Jet Boy a tout ramassé sur son passage. Les Dolls ont même fait des clins d’œil à de grands disparus: leur ancien compagnon Johnny Thunders (prévisible), ainsi qu’à… Michael Jackson. Si quelqu’un m’avait dit un jour que j’allais entendre quelques mesures de Billie Jean à un show des New York Dolls, je l’aurais traité de taré.
Cela dit, c’est Pills qui aura probablement le mieux résumé l’essence de ce qu’on a vu: le classique de Bo Diddley, livré avec un riff incendiaire à la Chuck Berry et coloré de l’harmonica de Johansen qui, encore une fois, était plus Jagger que Jagger lui-même. C’était ça, The New York Dolls.

New York Dolls