Rage against the Machine


16 juillet 2022

Critiques externes

Rage Against the Machine au FEQ: explosif d’un bout à l’autre

Par Cédric Bélanger, Journal de Québec

Quelle stupéfiante décharge de rap-métal ! Après une pandémie d’attente, Rage Against the Machine a offert aux plaines d’Abraham, hier soir, à son tout premier spectacle à Québec à vie, l’ultime séance de défoulement collectif.

Ce spectacle exclusif au Québec – qui était initialement prévu au Festival d’été de 2020, mais qui a été annulé – a rempli toutes les attentes, et plus encore.

Avec tout le respect que l’on doit à Maroon 5, qui a fait vibrer le site samedi passé, nous avons été témoins de la plus explosive communion entre un artiste et le public, sur les Plaines, depuis le début de ce FEQ.

À 15 min de l’arrivée de RATM sur scène, plusieurs des festivaliers qui avaient rempli les Plaines s’époumonaient déjà à scander des «ohé, ohé». La tension était palpable.

Puis, quand le quatuor a lancé les hostilités avec Bombtrack, tout le parterre s’est lancé dans un furieux mosh pit, qui a rarement été interrompu durant ces 90 min de musique livrée à un train d’enfer.

Féroce

Forcé de rester assis en raison d’une blessure à la jambe subie plus tôt cette semaine, le chanteur Zack de la Rocha a quand même mené la charge avec une intensité féroce. On avait parfois l’impression qu’il se retenait de défier sa blessure et d’aller plonger dans la foule.

À ses côtés, le virtuose Tom Morello s’est amusé à martyriser sa six cordes. Avec ses avant-bras pendant People of the Sun, avec ses dents durant une incendiaire Bullet in the Head, dont le lent crescendo final a enflammé les festivaliers.

Plus discrets, mais non moins efficaces, le bassiste Tim Commerford et le batteur Brad Wilk ont aussi été des rouages essentiels à la réussite de ce concert, construit comme un enchaînement de bombes rock issues des trois premiers albums du groupe.

Euphorie

Comme on pouvait d’ailleurs le prévoir de la part de ces âmes révolutionnaires, l’écran géant a souvent servi à diffuser des images incitant à nous insurger contre le sort réservé aux plus vulnérables.

Après avoir chanté Freedom, Zack de la Rocha a mis le public en garde contre les riches et puissants qui veulent nous «faire retourner en arrière». Dans le même élan, le groupe s’est porté à la défense des droits des Premières Nations dans une série de messages qui insistaient, entre autres, sur le fait qu’au Canada les femmes autochtones étaient 16 fois plus à risque d’être assassinées ou de disparaître.

Cet intermède politique a mis la table pour une finale foudroyante, alors que le groupe et le public ont chanté Killing in the Name dans l’euphorie la plus totale.

Applaudis à tout rompre, les membres du groupe sont ensuite allés s’asseoir avec de la Rocha et ils ont salué pendant un bon deux minutes les festivaliers, de larges sourires illuminant leurs visages.

Deux personnes ont ensuite pris le chanteur dans leurs bras. Pendant qu’il était transporté vers les coulisses, Zack de la Rocha a fait le signe de la victoire.

C’était effectivement un triomphe.

Rage Against the Machine : au-delà des attentes au Festival d’été de Québec

Par Tanya Beaumont, Radio-Canada

Le calendrier était marqué d’une croix depuis longtemps pour les amateurs de Rage Against the Machine. En avril 2021, le Festival d’été avait annoncé la venue du groupe. La troupe a répondu aux attentes samedi soir, même avec la blessure de Zack de la Rocha au bas du corps.

La fébrilité était palpable sur les Plaines, juste avant que les membres de Rage Against the Machine montent sur scène. Au lieu des habituelles publicités et promotions qui tournent en boucle depuis le 6 juillet dernier, les écrans géants sont restés éteints.

Une musique plutôt apaisante jouait, mais un léger crescendo faisait monter la tension. Et boum! L’explosion, autant dans la foule que sur scène, avec la bien nommée Bombtrack.

Le chanteur Zack de la Rocha a dû rester assis au centre de la scène en raison d’une blessure subie lors d’un concert à Chicago en début de semaine. Malgré sa position, il n’a rien perdu de son intensité.

Le guitariste Tom Morello a pris quelques secondes à peine avant d’être brillant, fidèle à son habitude. Celui qui arrive à faire crier sa guitare en a même joué avec les dents pendant Bullet in the Head.

À la fin de cette chanson, Rage a proposé en intermède une vidéo d’un camion de police en flamme sur des sons de distorsion de guitare. Ces vidéos coup de poing sont revenues à quelques reprises, tout aussi percutantes les unes que les autres.

De retour au programme principal, la roulade de la batterie du début de Testify a rapidement fait bondir la foule. 

Énergie à la puissance 1000

Pendant Know Your Enemy, la marée humaine qui se tenait sur les Plaines s’exprimait de plusieurs façons : mains dans les airs, poings levés, signes du diable, téléphones, ballon de plage, body surfing

L’énergie n’était pas réservée aux spectateurs à l’avant-scène. Même les festivaliers les plus éloignés se défoulaient au son de Rage Against the Machine.

Alors que le concert s’est déroulé sans aucun temps mort, le chanteur a pris la parole vers la fin du spectacle pour dénoncer la situation relative à l’avortement aux États-Unis. Juste avant, des statistiques sur les Autochtones du Canada se sont affichées derrière la scène, dénonçant un colonialisme meurtrier.

Et finalement, à la toute fin elle est arrivée : Killing in the Namecelle que tout le monde attendait avec impatience et qui a été à la hauteur des attentes. Zack de la Rocha l’a chantée avec fureur dans les yeux et doigt d’honneur bien haut.

Les 90 minutes du concert ont filé en un clin d’œil. L’énergie qui se dégageait de la prestation de Rage Against the Machine est très peu comparable. Comme si chaque son, chaque instrument et chaque mot étaient faits pour être reliés directement à une colère intérieure.

La colère contre la machine? Celle-là ou n’importe quelle autre.

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