Quelle soirée avons-nous passée ma sœur, nos amis et moi, jeudi le 11 mai dernier, le soir du spectacle de Heavy Trash, le nouveau groupe de Jon Spencer.
Il faisait beau sur la rue St-Laurent. Pas le temps de merde de ces jours-ci. Même que je suis sorti en laissant sciemment mon veston, juste avec une chemise à manches courtes sur un T-Shirt, histoire de na pas avoir trop chaud dans la salle. Nous étions prévenus, par Patrick Baillargeon, dans le ICI de la semaine précédente:
Side project de Jon Spencer et du Montréalais (expatrié à New York depuis des années) Matt Verta-Ray, qu’on a aussi connu au sein du groupe Speedball Baby, Heavy Trash est le véhicule parfait pour permettre à ces deux rockeurs impénitents de laisser libre cours à leur passion pour le rockabilly et le roots rock’n’roll. Inutile de dire que ce band all star, accompagné par les talentueux et polyvalents Sadies, est un no miss incontournable. Ceux qui les ont vus l’été dernier le défunt Swimming avec leurs costards impeccables malgré une chaleur suffocante savent que ces gars-là ne sont pas tuables. Les D. Rangers assureront la première partie. Avons-nous besoin d’en rajouter?
Nous nous sommes cogné, vers 21h15, aux portes fermées du El Salon. Le spectacle devait y commencer vers cette heure-là, mais ne débuta que vers 22h15, dix minutes à pied plus au Nord de St-Laurent, au Main Hall. Là aussi, les portes étaient closes.
Histoire de tuer le temps en buvant un coups tranquille plutôt que d’attendre l’ouverture des portes comme des dindes, nous fîmes un saut dans un très beau et chaleureux café dont j’ai oublié le nom. Une serveuse dépassée par une commande importante de gin tonics, me servit mon rhum dans un pot de moutarde en guise de verre.

Qui fit son apparition dans ce décor pittoresque? Et oui! Jon Spencer lui-même. Prenant quelques minutes pour scruter le tableau noir et son menu, près du comptoir de la serveuse débordée, il tourna finalement les talons sans rien acheter.

Plusieurs minutes plus tard, quelqu’un finit par suggérer d’aller le rejoindre au Main Hall. Maintenant bien remplie, la salle était chauffée par D. Rangers, groupe country grass root machin, du sud des Etats-Unis, avec violon entraînant et tout le tra-la-la.
Vers 23h00 l’entracte permit à certain d’entre nous d’aller respirer l’air impur, dehors.
23h15, de retour au Main Hall. La salle était maintenant paquetée, Heavy Trash avait commencé son numéro et le party était pogné. Première surprise pour moi, qui n’avait pas entendu leur album: Heavy Trash n’est pas un groupe minimaliste avec deux guitares et une batterie, comme je m’y attendais, mais compte six membres! Trois guitaristes, dont le chanteur, un multi instrumentiste, un batteur et un contre-bassiste. La salle ne disposait pas du meilleur système de son au monde, mais j’ai trouvé que le groupe sonnait très bien, clairement, sans être trop fort. On distinguait bien les guitares, dont au moins une Grestch, la contrebasse et les quelques notes de violon ou d’orgue de certains morceaux.
Le même Baillargeon, dans le ICI de cette semaine-ci:
En terminant, deux mots sur Heavy Trash, qui s’est retrouvé au Main Hall à la dernière minute suite à la fermeture du El Salon (lire le Zapping de la semaine dernière). Il faisait aussi chaud que lors du premier passage de la formation roots-rock l’été dernier au défunt Swimming et il devait y avoir deux fois plus de monde. Impossible de se laisser vraiment aller tellement on était collés les uns sur les autres. Faut comprendre: quand Jon Spencer se retrouve entouré des extraordinaires Sadies (the hardest working band in ze world) et du guitariste Matt Verta-Ray de Speedball Baby, ce serait une connerie monumentale de louper ça. Ça vaut la chaleur insupportable, le son moyen et les pieds qui se font piler dessus toutes les deux minutes.
La prestation d’Heavy Trash aurait duré une heure trente selon certains. Je crois plutôt qu’on a eu droit à près de deux heures. Certains, incommodés par la chaleur et la surpopulation, ont manqué l’excellente finale qui n’aurait peut-être pas pu se produire telle quelle si ceux-ci n’avaient pas laissé un peu plus de place sur le parterre: Jon Spencer dans la foule, l’arranguant à la manière d’un preacher, au rythme des claquements de main. Ma caméra ne pouvait capter quoi que ce soit en mode vidéo, alors je me suis enfin décidé à prendre une photo à l’aide d’un flash. En noir et blanc, et un peu retravaillée, ça donne une photographie dont je suis assez fier:
