Beastie Boys


18 septembre 2007

Les Beastie Boys font le seul hip-hop que j’aime vraiment. Probablement à cause de leur humour juïf new-yorkais, de leur musique qui a été d’avant-garde dès les années 80 et certainement parce qu’il ne font pas dans le gangsta rap macho où on ne fait que se flatter l’égo. Les 19 et 20 septembre derniers, ils donnaient concert Montréal dans deux salles bien différentes. Pour mon anniversaire, je ne pouvais manquer ça!

Je me suis tâté. J’aime me tâter… Heu, non, c’est pas le sujet que je voulais aborder… Je me suis tâté à savoir à laquelle des deux représentations j’allais assister. Je préfère bien sûr le Métropolis au Centre Bell, parce que plus intime. J’en ai vu des shows mémorables au Métropolis!

Je me suis donc particulièrement intéressé à la venue des Beastie Boys au Métropolis. Mais l’information est venue à mon attention sur le tard et bien partiellement. En cherchant sur Internet, j’en avais conclus que cette représentation plus intime serait instrumentale, à l’image du dernier disque du groupe. L’album est bon, mais je m’imaginais mal une soirée entièrement jazzée avec les Beastie Boys. Je me suis donc décidé à aller voir les deux représentations pour connaître le meilleur des deux mondes. Mais, trop tard, les billets pour le Métropolis s’étaient envolés. Maintenant, après coup, nous savons que cette soirée s’intitulait en fait « Dress to impress », qu’il fallait essayer de s’habiller chic, et que les Boys chantaient plusieurs de leurs classiques. L’avoir su avant, j’aurais définitivement acheté mon billet pour le Métropolis.

Jeudi soir, pour une rare fois, j’allais voir un spectacle seul. Je m’étais dit que j’arriverais tôt, pour pouvoir me coller en avant du parterre sur la scène. Mais on ne change pas ainsi de vieilles habitudes et je suis arrivé à l’entracte, n’ayant aucun intérêt pour la première partie, même si on en disait du bien et que la formation est montréalaise. Le temps de passer la billetterie, de me faire cercler le poignet d’un bracelet bleu et d’aller chercher deux bières, j’étais encore en avance sur le début du spectacle, mais trop tard pour percer la foule du parterre et m’avancer tout près de la scène. En fait, j’aurais peut-être pu si ce n’avait été de mes deux bières que je ne voulais pas répandre par terre. À $8.34 chacune plus pourboire, sans possibilité d’allumer un pétard, elles représentaient un bien précieux!

Je m’étais aussi préparé à filmer en douce avec mon appareil photo. L’usage de caméras était strictement interdit, mais mon appareil est petit et je me l’étais placé sous la boucle de ceinture. Je m’étais aussi apporté une carte d’affaire épaisse et de la gomme Fun-Tak pour cacher par moment le gros écrans derrière ma caméra, écran qui sert de viseur mais qui se remarque de loin. J’avais observé depuis quelques shows, notamment à La Tulipe, que les gardiens de sécurité repéraient facilement les écrans puis leurs propriétaires. Et j’avais remarqué qu’au Centre Bell, les gardiens de sécurité pouvaient faire du zèle. Au spectacle des White Stripes de l’an dernier, des spectateurs s’étaient fait sortir presque sur la tête pour avoir tenté de fumer quelque chose.

À l’entrée du Centre Bell, jeudi, on passait les détecteurs de métal à certains et ça m’a rendu nerveux. Je ne voulais ni manquer mon spectacle chèrement payé, ni laisser à la consigne ou ailleurs mon Kodak encore plus chèrement payé. Mais comme je commence à avoir un âge respectable, que je n’étais pas habillé « en Yo » et que j’avais en guise de billet une feuille imprimée à partir d’Internet, on m’a accueil gentiment sans me fouiller. Le trac passé, le sourire me revint.

Sur le parterre, à l’entracte, les gardiens de sécurité semblaient en effet faire la chasse aux appareils photos. J’étais appuyé sur la bande de la patinoire, recouverte de velours noir, et voyait les équipes de gros bras passer. Par contre, lorsque les lumières de la salle se sont éteintes et que Mix Master Mike monta sur scène, sont apparus des dizaines de cellulaires et d’appareils photos au bout de bras tendus en l’air. La sécurité a du déclarer forfait sur ce point.

L’intro de Mix Master Mike instaura une ambiance électrisante. Malheureusement, une panne de son devait ensuite couper l’fun, à la troisième chanson, pendant l’excellente « Gratitude ».

Le problème de son n’était pas banal: aucun décibel ne sortait d’aucun instrument, ni d’aucun micro. Les Beastie Boys totalement muets! La pause forcée impatienta la foule, qui hua avant de se mettre à chanter « Ohé, ohé, ohé, ohé » comme pendant une partie du Canadiens. Combien de temps ce silence forcé dura-t-il? Entre cinq et dix minutes. Dès que le système de son redevint fonctionnel, la foule avait pardonné.

Selon le blogue Mic-to-Mic, la liste des chansons ressemblait à ceci:

  • MMM Intro
  • Time for Living
  • Super Disco Breakin’
  • Gratitude
  • Live at PJ’s
  • Tough Guy
  • Root Down
  • Sure Shot
  • Shake Your Rump
  • Time to Get Ill
  • Flute Loop
  • No Sleep Til Brooklyn
  • Son of Neckbone
  • Egg Raid on Mojo
  • Sabrosa
  • Body Movin’
  • 3 MCs and 1 DJ
  • Skills to Pay the Bills
  • Pass the Mic
  • Remote Control
  • Ch-Check It Out
  • Intergalactic
  • Sabotage

Quiconque connait le répertoire des Beastie Boys constate ici qu’on a fait la belle part aux classiques, tout en mélangeant morceaux instrumentaux et chansons plus punk. Ci-dessous, un montage de sept minutes d’après ce que j’ai pu filmer. Le film commence avec la reprise de « Gratitude ». Je n’avais alors plus peur de me faire prendre avec un appareil photo en main.

Au début du vidéo, je suis à la gauche de la scène. Puis, de mon retour des bécosses où j’ai croisé un Louis-José Houde aux prises avec des fans, je filmais de la droite du parterre. Plus près de la console de son au début puis, vers la fin de la soirée, après qu’un gars de la sécurité m’aie averti de ne pas filmer, de plus en plus près de la scène. Je n’ai pas retravaillé le son, mais pendant Sabotage, dernière pièce de cette excellente soirée, la basse éclatait mon micro et le son est par conséquent moins bon. En vrai par contre, woohooooo!

C’était la seconde fois que je voyais les Beastie Boys. La première fois, c’était au Lolapalooza Tour de 1994, en plein soleil et sous l’influence de champignons magiques. J’étais aussi entouré d’amis et les Beastie Boys promouvaient « Ill Communication », peut-être leur meilleur album. Ma soirée de jeudi au Centre Bell ne fut pas aussi intense que cet après-midi là sur l’île Sainte-Hélène et la représentation au Métropolis fut probablement meilleure musicalement, mais cette soirée en fut une sommes toutes bien bien plaisante.

Beastie Boys

2 réflexions au sujet de « Beastie Boys »

  1. Sonic Youth est encore vivant? Misère… la dernière fois que je suis allé à l’un de leurs shows, c’était à l’époque de l’album « Washing Machine ». J’avais acheté leur single « Sugar Kane » en vinyle bleu édition limitée numérotée (#5197/6000). Excellente chanson… sans compter les autres tracks du vinyle, qui étaient vraiment jouissives.

  2. Ils semblent encore en vie. Selon RollingStone.com, ils ont même sorti deux albums l’an dernier, dont « Rather Ripped » qui se veut plus pop et accessible, coté 4 étoiles! J’avoue avoir décroché depuis un certains temps, mais on ne peut manquer leur nom sur une affiche. Les shows étaient bien bons en tout cas.