Grille de chansons
- Funeral March
- Bogus Operandi
- Main Offender
- Rigor Mortis Radio
- Walk Idiot Walk
- Good Samaritan
- Stick Up
- Try It Again
- Hate to Say I Told You So
- Trapdoor Solution
- Countdown to Shutdown
- Come On!
- Tick Tick Boom
Critiques externes
Festival Envol et Macadam: The Hives, bêtes de scène!
Par Ian Bussières, Le Soleil
Vous voulez voir de vraies de vraies bêtes de scènes? Il fallait être à l’Agora du Port de Québec vendredi soir.
C’est là que le chanteur Howlin’ Pelle Almqvist et ses quatre acolytes du groupe The Hives tenaient salon pour conclure la première soirée extérieure du festival Envol et Macadam qui en a mis plein la vue et les oreilles aux nombreux spectateurs qui avaient rempli l’enceinte extérieure.
Tout juste arrivés de leur Suède natale, les Hives ont livré l’un des spectacles les plus mémorables de l’année à Québec, rien de moins.
Et même si Almqvist avait dit le contraire à l’auteur de ces lignes plus tôt cette semaine, il s’agissait vraiment de la toute première prestation du groupe dans la capitale, quelque chose qu’il a reconnu en disant: «première fois à Québec! C’est fantastique! C’est magnifique!» dans un très bon français.
Tous vêtus de smokings noir et blanc, les cinq musiciens vous balancent à la gueule un rock rapide, solide et assumé qui utilise les meilleurs éléments du rock garage de la fin des années 1960 et du début des années 1970 en les mettant au goût du jour.
Et en vrai pro du spectacle, Almqvist bouge sans cesse et n’a pas son pareil pour séduire une foule, serrant des mains, parlant beaucoup en français et faisant tour à tour taper dans leurs mains, chanter et crier les spectateurs.
Ceux-ci connaissaient par cœur les paroles de leurs pièces accrocheuses, du classique Main Offender jusqu’aux titres de leur dernier album The Death of Randy Fitzsimmons lancé en 2023.
Les gars n’ont pas non plus peur de mettre un peu de théâtre dans leur performance, comme lorsqu’ils se figent complètement comme dans un arrêt sur image au beau milieu de Good Samaritan ou quand Almqvist fait chanter au public la trame de basse de Johan Gustafsson sur Hate To Say I Told You So, le succès météorique qui a propulsé le groupe aux quatre coins de la planète en 2000.
Et le pire, c’est que les groupes qui ont précédé les Hives sur scène n’avaient absolument rien à leur envier. Comment dire, ça paraît quand une équipe organise des festivals depuis plus d’un quart de siècle dans le même créneau musical.
Simon Gaudry et sa bande savent ce qu’attendent leur public de punk rockeurs et ils ont concocté, cette année, une programmation qui n’aurait rien à envier aux belles années de la légendaire tournée Vans Warped. C’est-à-dire avant qu’on se mette à y programmer un peu n’importe quoi et que le festival ambulant meure de sa belle mort — on racontait d’ailleurs vendredi que le Vans Warped Tour pourrait ressusciter pour ses 30 ans, en 2025… À suivre.
Gorilla Biscuits
C’est un euphémisme que de dire que le groupe Gorilla Biscuits, qui a précédé The Hives à l’Agora, se fait rare au Québec. À part une poignée de spectacles à Montréal, le dernier il y a presque 20 ans, les vétérans du hardcore new-yorkais n’avaient jamais mis les pieds dans la capitale.
Imaginez, ce groupe a atteint le statut de légende même en n’ayant lancé qu’un minialbum et un seul album en 1988 et en 1989! Vous comprenez donc aussi que le chanteur au crâne rasé Anthony Civarelli n’a pas laissé beaucoup de pièces de son groupe de côté durant la solide prestation du groupe.
Civarelli, les guitaristes Walter Schreifels et Charlie Garriga, le bassiste Arthur Smilios et le batteur Luke Abbey sont montés sur scène au son du clairon avant d’y aller d’une furieuse interprétation de New Direction pour enchaîner avec les cinq premiers titres de l’album Start Today, qui a tout de même été vendu à plus de 100 000 copies.
«Il n’y a pas de différence entre blanc et noir, gay et hétéro, religieux ou athée… Nous sommes un seul peuple», a déclaré Civarelli avant de lancer Degradation.
Le spectacle se poursuit ensuite comme un béhémoth muni d’un moteur V10 et dopé à la nitro avec Big Mouth, Sitting Around At Home et No Reason Why, une pièce sur laquelle la voix de «Civ» cassait littéralement sur le minialbum du groupe, mais où le leader de Gorilla Biscuits a maintenant la sagesse de ne pas pousser sa voix trop haut.
Une Hold Your Ground dédiée «à tous ceux qui pensent encore la même chose qu’ils pensaient à 16, 17 ou 18 ans», des reprises de As One de Warzone et Minor Threat du légendaire groupe éponyme jusqu’à une grande finale avec Cats & Dogs et Start Today. Tout était parfait là aussi.
Envol et Macadam 2024 – The Hives et Gorilla Biscuits à l’Agora: De la rare visite nordique…
Par Mathieu April, Sors-tu.ca
Contrairement aux grands navires de croisière à ce moment-ci de l’année, de la rare visite a accosté sur les rives du Saint-Laurent, ici même à Québec, en cette chaude soirée de septembre. Ce coin de la ville est fort habitué à l’arrivée massive de touristes, mais moins habituée aux riffs punk et hardcore de deux groupes légendaires.
The Hives
C’est venus du Nord que les vikings suédois, ayant laissé leur marque au début des années 2000, nous ont gracié de leur première visite en ville. Malgré le fait qu’ils n’étaient pas armés d’épées ou autres gourdins, leurs riffs garages balancés à coup de Telecasters et autres guitares en forme de V ont eu un effet tout aussi destructeur. Il n’y a pas à dire, The Hives arrivent en conquérants.
C’est avec une énergie et une attitude contagieuse que la troupe se lance dans Bogus Operandi, du nouvel album. Avec une bonne partie de la foule dans sa poche, la troupe se lance immédiatement dans Main Offender afin d’achever les derniers survivants. Cet hymne garage, qui a maintenant plus de 20 ans, est toujours aussi efficace. La suite sera tout de même un peu moins expéditive. Malgré un Walk Idiot Walk savoureux, les nombreux échanges entre le charismatique Pelle Almqvist et la foule ont quelque peu ralenti le programme. N’empêche, une fois les chansons parties, rien n’arrête le bateau. The Hives est une grande machine de rock. Et le même Almqvist est toujours aussi délicieusement hautain dans ses nombreuses interventions, souvent en français.
Mais nous aurions pu en prendre plus. Le dernier album étant excellent, les nombreux discours auraient pu être raccourcis pour quelques morceaux supplémentaires (seulement 12 pièces au total). Mais malgré ce bémol, l’attente en aura valu la peine. Ce groupe est toujours aussi pertinent. Et oui, bien sûr, Hate To Say I Told You So a été jouée en milieu de programme. Ce qui aurait pu être un moment de nostalgie n’aura été qu’un autre moment de rock énergique balancé par des musiciens qui ont encore un véritable plaisir à la jouer. Supply and Demand aurait été un plus vraiment apprécié en rappel. Mais une fois Tick Tick Boom terminée, le groupe a fait son salut à la foule pour ne pas revenir.
Non, vraiment, nous aurions pris The Hives à Québec (et au Québec) bien avant cette année de grâce 2024. Ce lancement de tournée, ici même dans le Vieux-Port, aura été un des moments rocks marquants de l’année.
Gorilla Biscuits
Comme si une première visite venue de Scandinavie n’était pas assez, Québec aura eu droit à une première de la part du légendaire groupe punk-hardcore de New York Gorilla Biscuits. Menée, entre autres, par le roi du riff Walter Schreifels, la troupe de vétérans était dans une forme dangereuse. Pour des monsieurs qui ont formé le groupe dans les années 80, rien dans l’énergie ne laissait paraître que ces musiciens ont passé la cinquantaine depuis un certain temps. Tous les clichés du hardcore y étaient, mais dans le bon sens du terme : l’appel à l’unité, des circles pits et des spectateurs qui prennent la place du chanteur.
Vraiment, la foule était enthousiaste de revisiter des classiques du hardcore des années 80 et les musiciens semblaient réellement heureux de livrer la marchandise. Et pour les néophytes, c’était l’occasion de comprendre l’influence de ce groupe sur la scène hardcore américaine. Mais en cette belle soirée, on n’en avait que pour Schreifels qui a fait du feu avec sa Les Paul pendant un bon 40 minutes de pure furie. Et comme devoir pour la prochaine semaine, allez (re)visiter Slip de Quicksand et United by Fate de Rival Schools pour comprendre le génie du personnage.