Pixies


27 novembre 2004

Ce samedi 27 novembre 2004, au Centre d’éducation physique de l’Université de Montréal (CEPSUM), pour la deuxième fois en deux jours, les Pixies offraient aux jeunes et moins jeunes Montréalais la chance de les voir enfin réunis, après des années de séparation. Frank Black et Kim Deal ont été longtemps en froid et chacun ont heureusement enchaîné les projets musicaux intéressants. Les premiers albums solo de Frank Black étaient excellents, les premiers albums des Breeders également, mais aucun n’accotait la puissance et la créativité des albums des Pixies.

Alors dès l’annonce du spectacle, des mois à l’avance, je me suis procuré des billets. Quatre en fait. Un pour moi, un pour ma sœur, un pour son chum Jean-Pat et un(e) autre pour un éventuel intéressé(e). L’heureux élu fut mon plus coriace adversaire à Axis and Allies, j’ai nommé Marc Charbonneau. Marc revenait de Corée, la veille, si je ne m’abuse. Je me suis dit que cela lui ferait un beau cadeau de bienvenue en Amérique. Tant qu’à le laisser souffrir du décalage horaire, autant lui administrer un traitement-choc de rock alternatif pour l’étourdir davantage. Sur place également, Jeremy et Geneviève, les inséparables fraîchement séparés.

Je n’étais jamais allé au CEPSUM, mais j’en avais entendu parler en mal: sa sonorité était pourrie. Quand nous y sommes arrivés, j’ai compris pourquoi: c’est un gymnase avec estrades en béton d’un seul côté du terrain. Par-dessus le marché, en plus de vendre de la Bud, on y interdisait de fumer!

En première partie, les puissants Datsun, que je connaissais peu. Dans cet amphithéâtre leur son devenait totalement distortionné, incompréhensible, fusionné en un bloc monolithique qui ne faisait que faire ciller nos oreilles. J’appréhendais le pire pour les Pixies. Je suis allé en reconnaissance dans les estrades, évaluer si le son y était meilleur que collé sur les immenses haut-parleurs sur le parterre. Ça semblait effectivement plus audible.

Mais quand Frank Black, Kim Deal, Joey Santiago et David Lovering ont entâmé Is She Weird mes craintes furent balayées: le son était clair même très près de la scène, où nous étions regroupés. On distinguait la basse des guitares, le drum de ses cymbales. J’étais non seulement rassuré, mais heureusement surpris par la qualité du son. Troisième chanson: Head On reprise d’un de mes groupes préférés: The Jesus and Mary Chain. Je lévitais déjà.

Pour conserver le high, j’ai commencé à fumer un de mes joints. Je ne les avais pas déclarés aux portiers, contrairement à Jean-Pat qui les avait généreusement laissés à l’entrée. 😉 J’ai partagé évidemment les premiers, mais dû au refus de mes comparses qui finirent par en avoir assez, j’ai dû me sacrifier pour fumer les derniers tout seuls. 😉

Et l’intense high atteint en moins de cinq minutes est demeuré tout le long du spectacle d’une durée d’une heure et demie. La voix de Frank Black était démente. Le mec sait alterner « cris de la mort » et mélodies douces. Avec la merveilleuse voix de Kim et sa pesante basse en contrepoint, le jeu de guitare de Santiago et le martèlement incessant de Lovering, bon dieu que ça rentrait! Des shows, j’en ai vu quelques-uns et je ne suis pas du genre à aller voir des spectacles pour fillettes! Celui-là m’a jetté à terre. Le meilleur show de ma vie? En tout cas un sérieux candidat au titre!

Un simple coup d’œil au setlist suffit à démontrer que nous avons entendu classiques sur classiques…

Grille de chansons

  • Is She Weird
  • Cactus
  • Head On
  • U-Mass
  • Planet Of Sound
  • Monkey Gone To Heaven
  • Caribou
  • Number 13 Baby
  • Broken Face
  • Crackity Jones
  • Isla De Encanta
  • Something Against You
  • Hey
  • Mr Grieves
  • Velouria
  • Dead
  • Gouge Away
  • Tame
  • Gigantic
  • River Euphrates
  • Debaser
  • Wave Of Mutilation
  • In Heaven
  • Wave Of Mutilation (UK surf)
  • Where Is My Mind
  • Nimrod’s Song
  • The Holiday Song
  • Vamos
  • Here Comes Your Man

Un chose m’a frappé ce soir-là: la parenté de Nirvana avec les Pixies. J’avais souvent lu que Kurt Cobain avait été influencé par les Pixies, mais ça demeurait pour moi théorique. Au CEPSUM, quand après une mélodie douce, Frank Black se mettait à crier comme un perdu en même temps que les guitares rugissaient leur distortion, j’ai souvent eu l’impression d’entendre Nirvana.

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